Nostalgie de nous. Et de la fois où ...
De la fois où C. est arrivée en classe, les cheveux ébourrifés comme si elle venait de mettre les doigts dans la prise, en sueur et parée de son gilet jaune de cycliste avertie, et le fou rire qui a suivi qu'on a malheuresement pas su dissimuler.
Des fois où on se moquait des réflexions de M., qui en sortait des bonnes il faut dire, et qu'elle nous souriait quand même.
De la fois où tu m'as raconté qu'en glissant sur des glands en rentrant chez toi, tu t'es fait une autre entorse, par dessus la première.
Des regards accusateurs que les profs nous lançaient quand on commençait à rire, et qui savaient qu'on ne s'arrêtait pas en si bon chemin.
Des journées de cours qu'on arrivait quand même a sécher par concertation, alors qu'on en avait déjà trop peu.
Des derniers oraux blancs de concours qu'on a loupé et où on en a bavé pour trouver une excuse valable auprès de Mr Faucoeur.
Des prises de position farfelues de Maryse qu'on avait souvent du mal a convaincre.
Des vendredi soirs où on faisait trente minutes de route juste pour rejoindre Coco et ses acolytes au Boogy Night, et aussi parce que t'avais tapé dans l'oeil du serveur qui nous offrait à boire.
De la fois où la chinoise s'est accaparée ta proie sur le dancefloor et où on a fini, elle, sa copine, et nous dans les toilettes du Boogy a s'expliquer.
De la fois où je t'ai ramené chez moi, huit whisky coca dans le nez, autant dire dans un bel état, après avoir passé la demi-heure de trajet a chanter, et où t'as malgré tout tenté un brin de sérieux quand on s'est retrouvé face à mon père.
De la semaine où on a tellement fait la fiesta, tellement rentrées à 9h et nourries aux ptits déj', qu'on a fini par être malades comme des chiens.
De la fois où on a dû cohabiter avec les deux gars à la maison, et qu'on ne les supportait tellement plus qu'on s'était amusé a éparpiller leurs vêtements un peu partout, et a accrocher leurs sous-vêtements aux volets.
De la fois où on est allé admirer la moto de Seb dans le jardin et qu'on a failli la faire tomber.
Des fois où je t'apprenais a conduire sur le parking en pente d'à côté et que t'étais tellement concentrée que ça me faisait rire, sans parler du bruit infernal que faisait l'accélérateur quand ça n'allait pas comme tu voulais.
De nos journées passées a bronzer sur la plage des Sables et de celle où on y était allées malgré la pluie.
De nos trois/quatre soirées Texas par semaine qui se finissaient en after chez des gens qu'on ne connaissait même pas.
De la fois où on s'est fait arrêter par les gendarmes qui ont été charmants compte tenu de mon insolence, mes oublis de papiers et tes rires.
De la fois où tu m'as soutenue après la dure épreuve qu'est de percuter un lapin à 130 km/h.
De la fois où on est allées chez le coiffeur ensemble, que tu en es sortie deux fois plus belle alors que moi on m'avait complètement ratée.
De ta manie à toujours vouloir refaire les sketchs de Gad dans les moindres détails.
De nos soirées passées au Jimy's où te voir jouer m'épatait.
Du vocabulaire vendéen que tu as fini par m'apprendre (poche, cave..).
Des sous-vêtements que je te passais souvent, parce que finalement, tu vivais chez moi.
De la fois où je t'ai dit que je déménageais.
De nos dernières soirées ensemble qui avaient un goût amer.
Toutes ces promesses qu'on sétait faite et qu'on a pas été foutu de tenir. Je t'avais dit que je reviendrais et je ne suis jamais revenue. Les circonstances.
Mais tu vois, je ne t'oublie pas.